Les Massaï

 

Les Masaï sont les plus méridionaux des locuteurs de langues nilotiques et sont directement apparentés aux Turkana et aux Kalenjin vivant près du lac Turkana dans le nord du Kenya. La tradition orale masaï et les données archéologiques indiquent qu’ils ont migré depuis le nord du lac Turkana, à savoir la vallée du Nil en Égypte et au Soudan. Ils se sont déplacés du nord au sud, entraînant la migration d’autres groupes, jusqu’à s’implanter dans une longue région allant du nord du Kenya au centre de la Tanzanie.

 

Une partie importante des terres masaï a été conquise par les colons britanniques à la fin du XIXe siècle, aidés par la peste bovine et la variole, puis par les ethnies africaines dominantes avec l’aide du gouvernement lors de l’indépendance. Une partie des terres a également été transformée en réserves et parcs nationaux (Amboseli, Nairobi, Maasai Mara, Samburu, Nakuru, Manyara, Ngorongoro, Serengeti et Tsavo)

 

 

Groupe de Masaï

Les Masaï sont semi-nomades et ont une économie pastorale exclusive. Ils ont résisté aux incitations des gouvernements kenyan et tanzanien visant à leur faire adopter un mode de vie plus sédentaire et à adopter l’agriculture. Ils ont acquis le droit de faire pâturer leur bétail dans de nombreux parcs des deux pays et ignorent régulièrement les frontières lorsqu’ils déplacent leurs grands troupeaux de bétail à travers la savane lors des changements de saison.

Leur résistance a contribué à générer une vision romantique du mode de vie masaï, considéré comme un exemple d’harmonie avec la nature. Leur conservatisme est sans doute également à l’origine de l’attrait qu’ils exercent sur les touristes occidentaux.

Vers quel point d'eau, quel campement, se dirigent dans une hâte ordonnée les troupeaux du peuple masai sur le lac asseché et empoussieré d'Amboseli ? Sans chevaux ni chiens, les pasteurs africains ont admirablement discipliné leurs bêtes. Les Masai vivent encore dans les réserves de faune dont ils sont les premiers organisateurs. Ne chassant pas, sinon le lion pour des rites d'initiation, ils ont préservé les animaux sauvages ; et leurs feux ont transformé une brousse peu pénétrable en un tapis régulier d'herbes basses. Les réserves n'ignorent pas le surpeuplement animalier et touristique. À Amboseli surtout, proche de Nairobi, qui offre en prime aux visiteurs la superbe toile de fond du Kilimandjaro. Le Kenya connaît aussi les méfaits du braconnage.

Population

Les estimations des populations masaï du Kenya et de Tanzanie varient d’une source à l’autre. Elles sont rendues délicates par le nomadisme et le fait que les groupes puissent circuler librement à travers la frontière.

Selon les estimations, la population masaï serait comprise entre 300 000 et 880 000 personnes.

Les Masaï se répartissent en cinq groupes : les Arusha, les Baraguyu, les Kisongo, les Purko et les Samburu. Une population masaï importante s’est établie dans les districts de Narok, Trans Mara et Kajiado, dans la province de la vallée du Rift au Kenya.


Vie quotidienne 

 

 


Vue aérienne de village masaï

Habitat


Les Masaï construisent de petites maisons circulaires temporaires en utilisant des branchages entrecroisés, recouverts de bouse de vache et de boue. Ce mélange sèche rapidement au soleil pour devenir aussi dur que du ciment.

Les maisons sont toutes construites de la même manière : une pièce où les invités peuvent discuter, une pièce pour les animaux, la pièce principale où il y a le feu pour cuire les aliments et les nattes pour dormir, posées par terre. Il n'y a pas de meubles.

Un groupe de maison en cercle, ceint par une clôture formée de branches épineuses, forme un enkang. Les troupeaux sont regroupés au centre de ce cercle durant la nuit afin de les protéger des prédateurs. Un ensemble d’habitation formant un village est nommé boma. Quand les Masaï doivent migrer, ils détruisent complètement par le feu leur ancien village.

Les femmes construisent les maisons et s’occupent de la vie du village (entretien des maisons, repas, vêtements, …). Les hommes veillent à la sécurité du campement et s’occupent du bétail.

Bétail

La vie traditionnelle des Masaï s’organise autour du bétail, qui constitue leur principale source de nourriture. Ils croient que leur dieu leur a confié son propre bétail afin qu’ils s’en occupent. La richesse d’un Masaï est déterminée par le nombre de vaches que possède sa famille.

Chaque famille masaï possède une dizaine de bœufs, de chèvres et de moutons. Chaque bête est marquée d'un signe qui indique à qui elle appartient. Les hommes emmènent leurs troupeaux paître dans la réserve des animaux, pour plusieurs jours. C'est le plus ancien guerrier masaï qui guide le troupeau à travers la savane. Les Masaï occupent un territoire aussi longtemps que le bétail peut s’y nourrir.

Alimentation

Les Masaï se nourrissent surtout de laitages et de sang. Ils peuvent en effet prélever le sang des jeunes bovins sans les tuer, en les incisant au niveau du cou d’une flèche tirée dans la veine jugulaire. Un bol de sang mélangé à du lait constitue l’aliment de base. La viande est consommée plus rarement et ne doit jamais être mêlée à du lait ; elle est réservée à certaines cérémonies ou occasions particulières.

L’« idéal pastoral » masaï les conduit à rejeter toute alimentation d’origine animale et toute activité agricole ou cynégétique à vocation alimentaire. Ils ne consomment ni poisson, ni oiseau, ni gibier sauvage à l’exception du buffle et de l’éland, ressemblant à leur propre bétail.

D'autres sources indiquent que les Masaï consomment d'importantes quantités de plantes. Selon une étude menée par Timothy Johns , « Pour apprêter le lait, les Massaï y ajoutent plantes, racines, écorces, un tas de végétaux. Et ils disposent toujours d’un bouillon d'herbages et d'écorces, qu'ils mélangent à la viande. Il leur arrive aussi de se curer les dents avec des morceaux de bois, de sucer des racines pour en extraire le jus ou de mâcher de la gomme d'arbres, telle la myrrhe fournie par le balsamier. Or beaucoup de ces plantes sont médicinales. Les autres peuplades de la région les utilisent uniquement pour se soigner, tandis que les Masaï en font un usage presque quotidien. »

Culture

Classes d’âge et organisation sociale


La société masaï est patriarcale et plus ou moins gérontocratique, les anciens prenant les décisions pour l’ensemble du groupe. Le chef spirituel, oloiboni ou laibon (forme anglicisée [2]), agit comme un intermédiaire entre les Masaï et leur dieu Enkai. Il est le détenteur des connaissances traditionnelles concernant les plantes médicinales et peut pratiquer la divination et la magie.

Les Masaï sont divisés en clans patrilinéaires et en classes d'âge. Les hommes passent successivement dans cinq classes d’âge : enfants, jeunes guerriers, guerriers adultes, jeunes aînés puis aînés. Le passage d’une classe à l’autre est accompagné de rites initiatiques.

Initiation

 

 

 


cérémonies initiatiques accompagnent le passage des jeunes Masai mâles à l’âge adulte. Le plus important est la circoncision, qui peut être pratiquée au même moment pour de nombreux individus. Ces personnes appartiennent dès lors à une même classe d’âge. Les jeunes garçons ne doivent ni faire de bruit, ni bouger durant la cérémonie.

Il a été dit que chaque jeune devait tuer un lion avant sa circoncision : il s’agit d’un mythe véhiculé notamment dans le cadre de l’industrie touristique. Il est vrai toutefois que tuer un lion permet d’acquérir célébrité et prestige au sein de la communauté.

Après le rite de circoncision, les jeunes guerriers partent vivre en groupe dans un village spécialement construit pour eux (manyatta), loin de l’univers féminin. Ils ne pourront se marier qu’une fois qu’ils seront devenus des guerriers adultes.

L’accès à la puberté des jeunes filles est marqué par une cérémonie durant laquelle les femmes âgées pratiquent l’excision de celles-ci. Le gouvernement kenyan et différentes ONG ont tenté d’éradiquer cette pratique.

Mariage

Les mariages des filles sont souvent organisé par les pères avant leur naissance. Les relations hors mariage des filles avant la puberté sont considérées comme naturelles. Pour déclarer son amour à un guerrier, la femme massaï l'invite chez elle pour boire du lait. La nouvelle structure familiale est fondée lors de la naissance du premier enfant. Les femmes ne peuvent se marier qu’une fois au cours de leur vie. Les hommes peuvent se marier plusieurs fois et même avoir plusieurs épouses s’ils possèdent suffisamment de bétail. Les femmes ne peuvent pas avoir plus de dix enfants.

Religion

Les Masaï ont un dieu unique et bienveillant, Enkai ou Ngai, dieu créateur se manifestant à travers la pluie et le ciel. Son épouse, Olapa, est la lune .

Ils croient que Enkai a donné tout le bétail aux Masaï, et donc que quiconque possède des troupeaux doit les avoir volés autrefois aux Masaï . Cette croyance a conduit à quelques conflits mortels avec d'autres tribus voisines au cours des siècles passés, lors de tentatives destinées à récupérer ce qu’ils considéraient comme leur propriété.

Langue

Les Masaï parlent le maa ainsi généralement que le swahili, langue véhiculaire de l'Afrique de l'Est, et parfois, de nos jours, l'anglais.


Parure et modification corporelle

Outre la circoncision ou l’excision, les enfants des deux sexes subissaient autrefois une ablation de l’une ou de deux incisives inférieures.

Les hommes et les femmes ont également les lobes des oreilles percés et souvent distendus par des disques. Les femmes réalisent des bijoux en perles qui jouent un rôle essentiel dans l'ornementation corporelle masaï. Dès l'âge de 12 ans, les jeunes filles apprennent à broder les vêtements multicolores de cérémonie.

Le goût pour les vêtements rouges des Masaïs contemporains fait écho à l’utilisation plus traditionnelle d’ocre de cette même couleur. Les morane se tressent les cheveux et les teignent en rouge. Les Masaïs aiment porter des bijoux (colliers, bracelets,…).

Danse

 

 

 


Danse rituelle Masaï, Parc de Masaï-Mara, 2004

Il existe différentes formes de danses masaïs ; l’une des plus connues est une forme de compétition opposant les hommes, ceux-ci devant sauter le plus haut possible en conservant les pieds joints

Jeux

Le En Gehé est un jeu traditionnel qui occupe une place importante dans la société masaï du nord de la Tanzanie. Il est reservé aux hommes, c'est le jeu des guerriers.

Icône de détail Article détaillé : En Gehé.

Les Masaï aujourd’hui

De nombreux Masaï ont abandonné leur mode de vie traditionnel pour le style de vie occidental. Certains jeunes ont émigré en Europe ou en Amérique du Nord, afin notamment de poursuivre des études supérieures.

Depuis l'ère coloniale, les Masaï ont été dépossédés d'une partie importante de leurs terres traditionnelles, soit par des fermiers privés, soit dans le cadre de plans gouvernementaux ou de création de parcs nationaux. Les gouvernements tanzanien et kenyan ont en effet tenté de mettre en place des projets de développement visant à modifier les modes de vie traditionnels des Masaï et à les sédentariser afin qu'ils respectent les frontières. Ces tentatives se sont soldées par un appauvrissement généralisé des populations masaï, qui jusque là géraient efficacement leur bétail .

Depuis 1993, des mouvements s'organisent pour faire cesser les ventes ou les saisies de terre au Kenya, ou pour participer à l'administration du Conservatoire régional de Ngorongoro et à la campagne de défense de la montagne sacrée Endoinyo Ormoruwak en Tanzanie.


 

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Croyances dans les Forces



Chaque mouvement, chaque processus de changement dans la Vie comme dans la Nature présupposent des Forces dont la connaissance et le contrôle s'avèrent indispensables pour Celui qui souhaite réussir à maîtriser la Vie.
Selon la conception traditionnelle, il faut distinguer entre trois types de forces :
La Force Vitale à l'oeuvre dans les plantes, les animaux et les hommes mais qui se manifeste aussi dans la fécondité et dans le pouvoir germinatif (et donc fortement présente dans les organes sexuels, les graines les fruits, les oeufs...)
Les Forces Naturelles qui se trouvent de façon concentrée dans l'eau en mouvement, dans le feu, dans le vent et dans la pierre et
Les Forces Spirituelles identiques aux Êtres Spirituels, c'est à dire aux Âmes Libres - aux ancêtres- aux Esprits et aux Dieux
Les Forces Vitales et Naturelles peuvent être converties les unes dans les autres: les minéraux, les plantes et les lieux (par exemple les Tombes Ancestrales), riches de ces forces, renforcent la force vitale humaine; Le sang, les os, les cheveux, les ongles et d'autres supports organiques de la Force Vitale peuvent servir d'engrais, c'est à dire qu'ils peuvent être employés pour augmenter le rendement agricole.
Ces forces n'agissent pas sans règles. Depuis la Création elles sont liées entre elles, et si leurs flux ne sont pas obstrués ou déviés de la Bonne Voie par Magie ou par l'intervention des Esprits, elles servent à maintenir l'ordre social, naturel et cosmique établi :
la Force Vitale (l'Âme Vitale) assure le fonctionnement de l'organisme (respiration, circulation du sang), Le Soleil se lève et se couche, Les Âmes libres se réincarnent et les Dieux règnent sur l'Univers.
Le transfert de ces Forces s'effectue grâce au contact immédiat (attouchement, consommation) au rayonnement (odeur, chaleur) au regard et aux personnes vigoureuses ou malades ainsi qu'aux impulsions spirituelles envoyées à distance par les Puissances Spirituelles.
Leur utilisation et leur contrôle exigent un comportement conforme aux traditions, leur abus repose sur des comportements fautifs. Afin de mettre à profit les Forces Vitales, Naturelles et Spirituelles d'une façon démesurée, on recourt à la magie

 

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  La découverte de l'art africain.


A partir du XV si ècle les navigateurs portugais explorent l' Afrique et l' Europe et
découvrent peu à peu l' art africain. Au siècle suivant commence l' époque des traitants. Toutes les grandes puissances maritimes viennent avec leur flotte marchandes commercer avec les peuples sur la côte africaine. Ces navigateurs arrivent accompagnés de
missionnaires chrétiens qui veulent convertir ces peuples autochtones qualifiés de barbares. Les objets d' art sont considérés alors comme des fétiches. Les hécatombes opérées par ces missionnaires privent le monde à tout jamais d'une multitude de chefs d' oeuvre de l' art africain.Au XIX siècle les explorateurs vont s' élancer à la découverte de l' intérieur du continent et ses terres inconnues. Ils sont pour la plupart géographes. La publication de leurs relations de voyage à leur retour en Europe va susciter le développement d' une nouvelle science: l' ethnologie, spécialisé dans l' étude des peuples du monde entier et de leurs civilisations.
Pendant la période de la colonisation, les grandes puissances européennes vont envoyer leurs colonnes militaires. Ils prétendent que les africains sont des primitifs. . L' art africain ne présente aucun intérêt, il n' existe pas. Il est relégué au rang des outils des hommes
préhistoriques, il marque une époque dans l' histoire de l' humanité.
La véritable rencontre de l' art africain et de l' Europe se fait au XX siècle.


Il y est décelé une nouvelle écriture qui va répondre pour certains artistes comme Matisse, Picasso, Gauguin, Vlaminck, à leur préoccupation et marquer le point de départ de la rupture avec les normes académiques. Ces artistes occidentaux sont les premiers à
reconnaître autant de valeurs humanistes chez les artistes africains. Ils admirent la puissance abstraction de cette expression, la richesse, la variété, la vitalité qui rayonne dans cet art. Ils y trouvent une nouvelle source d' inspiration et même un style nouveau, le Cubisme, art abstrait qui casse le carcan des lois imposées aux artistes depuis la Renaissance. Enfin, les
objets d' art africain vont être regardés comme des oeuvres d' art. Il n' était plus question de beauté, de laideur, mais bien d' une émotion directe, d' une manifestation spontanée. L' engouement pour l' art africain caractérise < les années folles >. C' est aussi bien sûr le temps des grandes collections privées. De nos jours, des centaines d' expositions d' art africain sont organisées chaque année dans le monde. Des musées, des galeries d' art et des collectionneurs privés s' arrachent ces oeuvres dans les grandes ventes aux enchères
internationales et atteignent des prix records.

La côte d' Ivoire est située sur la Côte occidentale de l' Afrique
Elle est entourée à l' ouest par le Libéria et la Guinée, au nord par le Mali et le Burkina-faso, à l' est par le Ghana et au sud par l' océan Atlantique. Pour une population d' environ 12 millions d' habitants, la Côte d' Ivoire comprend plus de 60 ethnies. Terre mosaïque, riche de la diversité de ces ethnies, la Côte d' Ivoire a été et demeure un carrefour d' immigration. Les différentes populations ont pu élaborer un art plastique aux expressions multiples. Les arts traditionnels ivoiriens comptent parmi les plus riches d' Afrique, les plus productifs et diversifiés sur le plan artistique. Ce foisonnement de styles de matières, de sujets variés sont l' expression d' une seule et même aspiration à la beauté. Un art en recherche constante d' esthétique. Ces différentes ethnies n' ont pas cessé au fil des siècles de se regrouper, se séparer et surtout d' échanger des traditions et des styles artistiques. Ces rapports ont aussi permis la constitution de spécificités. En effet ces populations ont su développer chacune de leur coté une forte identité artistique de sorte que
l' on peut les différencier.



Le masque.



De cette diversité artistique, j'ai choisi de présenter les masques, leurs caractéristiques, leurs
fonctions, leurs ressources plastiques. Le masque africain est entouré de beaucoup d' ignorance ou d' idées préconçues et fausses. Ce n' est pas un accessoire de théâtre Ce n' est pas un objet d' art décoratif, figuratif Ce n' est pas un objet d' art dans sa finalité comme nous l' entendons conditionné par notre goût européen Ce n' est pas un objet inerte Ce n' est pas un objet utilisé dans le but d' actes de sorcellerie C'est plutôt un être sacré qui utilise le support matériel d' un homme, considéré alors comme un gardien, pour apparaître et s' exprimer. Il est vivant, il s' intègre dans un ensemble. C'est une oeuvre conçue pour provoquer des sentiments de respect, de crainte, de terreur, de courage, d' hilarité…..



Ses caratéristiques.



Il y a dans les masques deux caractères essentiels qui aident à la compréhension de ses fonctions respectives. Les masques comme institution associés aux rites et à la pratique de la danse, il s' agit des masques sacrés et des masques profanes.


Les masques sacrés



Ils représentent les ancêtres de tous les masques, ils représentent une divinité, une force. Ils détiennent les pouvoirs religieux. Ils exercent une action propitiatoire à l'égard des puissances bénéfiques ( génies, dieux secondaires ) qui sont des intermédiaires, entre les hommes et une déité diffuse dans l' univers. Ils expriment la majesté, la sagesse, le mystère des forces surnaturelles qui les animent. Ils sont chargés de montrer l' invisible. Ils peuvent aussi éloigner les puissances du mal, ils protègent les hommes des forces maléfiques. Ils interviennent dans des cérémonies bien particulières, rites de passage, purification, sacrifice, initiation,conjuration… Ils jouent un rôle essentiel dans le rétablissement de l' ordre social. Ils représentent des ancêtres et Dieu, ils sont bons et justes. Ils punissent ceux qui apportent le désordre et l' insécurité. Ils sont les juges suprêmes. Ils détiennent les pouvoirs juridiques. Ils règlent les litiges, les problèmes de familles, de clans, de tribus. Ces masques ne sortent que pour des événements vraiment importants publiquement ou dans une enceinte privée, sacrée. On les reconnaît à leur grande jupe de raphia de palmier séché, leur coiffe énorme faite de plumes ou de peaux de bêtes ou de tissu recouvert de cauris, leurs ornements, chasse mouche,bâton, grelots aux pieds pour marquer le rythme. Le jour de sa sortie, la population se mobilise, à la fin de la cérémonie tous les assistants passent devant le masque sacré pour recevoir le kaolin purificateur.



Les masques profanes


Cette catégorie est représentée par un ensemble de petits masques très nombreux qui se produisent au moment des fêtes de réjouissance. Ce sont des masques de divertissement. Ils représentent les ancêtres du clan de la famille, destinés à attirer l'ame de l' ancêtre et à capitaliser sa puissance vitale. Immortels, ils sont dépositaires du patrimoine culturel. Ainsi il leur appartient de raconter l' histoire, ils sont la mémoire du peuple. Ils forment une société hiérarchisée, le masque sacré est au sommet entouré par une cour d' autres masques. Le masque guerrier : chargé de la conquête et de la défense du territoire. Il accompagne le masque sacré lorsqu' il s' agit de rendre la justice en cas de préjudice. Lors de fêtes, il est chargé de surveiller les comportements de tout un chacun pour détecter les mauvais éléments. Le masque griot : Il est le compagnon fidèle du masque sacré. Il est un chanteur solitaire, il louange le masque sacré. Il est aussi le masque espion, il écoute, il observe, il rapporte au masque sacré. Il influence le masque sacré à être plus clément. Le masque chanteur : Il est historien, généalogiste, il chante les louanges des hommes. Il est aussi danseur. Il anime toutes les fêtes. Il est indispensable pour les réjouissances comme pour les funérailles. Le masque danseur : Il est un des premiers masques apparu. Il est le virtuose de la danse, il a une forte vitalité. Il est très souvent accompagné du masque chanteur. Le masque mendiant : Il est à la fois en bas et en haut de la hiérarchie. Il est en quête de spécialité. En attendant d' être initié dans l' art de la danse, du chant, de la guerre, il distrait le monde par ses plaisanteries et ses mimes. Il va de case en case mendier des aliments. Le porteur de masque.
Le porteur de masque est initié. Son identité doit toujours rester inconnue. Sa personnalité s' efface complètement. Il n' est qu' un support humain par lequel le masque devient accessible aux hommes.

 

ses fonctions.



Le masque est tout à la fois : vecteur essentiel de revendication d' une identité locale, généralement un personnage mythique bienfaiteur de la communauté….Il régit les
collectivités. C'est une institution traditionnelle à la fois RELIGIEUSE, POLITIQUE, ECONOMIQUE, HISTORIQUE, THERAPEUTIQUE. Différents types de masques existent. Cette différenciation se fait autour de leurs fonctions. Religieux : Il assure la médiation entre dieu, ancêtres et les hommes. Il apparaît dans les rites de passage. Il est protecteur contre les esprits maléfiques. Politique : Le masque garantit la hiérarchie sociale. Instance suprême pour le règlement de tous les problèmes qui peuvent se poser à la communauté. Il fait respecter l' ordre et la justice. Il intervient dans toutes les décisions vitales. Lorsque le masque a parlé, nul ne peut le contredire. Ses décisions sont sans appel. Social : il veille à l' harmonie de la communauté. Il assure la pérennité du savoir. Il assure le lien entre les ancêtres et les vivants. Il apporte au village la bénédiction des ancêtres. Culturel : Il appartient au patrimoine culturel de l' Afrique. Il est le dépositaire de la culture d' une ethnie. Les hommes se succèdent, les peuples se déplacent, la société évolue, mais le masque reste depuis sa création le témoin de ces multiples changements et mutations. C' est donc lui qui peut rendre compte de l' évolution du peuple. Économique : Il garantit la stabilité sociale nécessaire pour le développement. Il est le bien collectif qui appartient à l' ensemble de la famille. Il intervient directement dans la production comme élément mobilisateur des forces.


 
SES RESSOURCES PLASTIQUES



 Il existe une corrélation absolue entre les formes et les fonctions. Les formes évoluent, l' artiste tente de concilier son art avec son époque. Les pièces révèlent une volonté de renouvellement des thèmes traditionnels. Mais le désir de produire des masques forts, percutants est fondamental en Côte d' Ivoire. Ces oeuvres atteignent leur but lorsqu' elles satisfont d' abord le sens esthétique ou un au delà de l' esthétique, la vision d' un infini spirituel, la beauté ou la terreur. Le masque pour être efficace devra être ravissant, témoigner d' une excellence dans l' exécution ou inversement manifester une sorte d'< horreur sacrée >. La forme stable n' est qu' un jeu de forces secrètes, de puissances vitales. L' étude esthétique de ces masques variés révèle un intérêt pour l' abstraction, épuration des formes, structurations savantes, arêtes, saillies, libre cours à la fantaisie, puissance, équilibre, jeu de symétrie et d' asymétrie, lignes évocatrices, jeux de volumes géométriques ou arrondis, bombés, jeux de courbes. Voici la symbolique de quelques couleurs des masques africains :

- le blanc = c'est une couleur de passage, le passage de la mort à la renaissance, la mutation d'un être. Elle est également la couleur de Dieu (lien avec les ancêtres), représentant la lumière, l'innocence, la pureté et la droiture. Elle est fabriquée à partir du kaolin ou en pilant la craie (autrefois, on se servait de coquilles d'escargot, d'oeufs, d'excrément de lézard ou de serpent sacrés ). Dans certains villages du Nord du Nyari-Kwilu, le kaolin signifiait deuil, et l'on s'en servait pour “décorer” les tombes.
- le noir = c'est une couleur négative ; elle représente la mort, l'anéantissement, le mal, la sorcellerie et l'antisocial. Elle est fabriquée avec du charbon de bois ou du noir de fumée. En Côte d'Ivoire, ce sont les feuilles ou les écorces de lianes qui servaient à la concevoir. Il s'agit d'une valeur complémentaire chez les Igbo.
- le rouge = le symbole est ambivalent. Elle représente le sang, le feu, le soleil, (et donc la chaleur), mais aussi la réintégration d'un être marginal, la fécondité et le pouvoir. Le rouge foncé représente les forces agressives et le sang impur. Elle est fabriquée à l'aide de substances minérales, sacrificielles (ex : une noix de kola mâchée puis recrachée. Mais maintenant, les tribus utilisent de la peinture commerciale).
- le jaune = c'est une valeur complémentaire chez les Igbo. Elle représente la paix, la sérénité, la fortune, l'espoir, la fertilité, l'éternité, mais aussi le déclin et l'annonce de la mort.
- le bleu = c'est une couleur négative qui représente la froideur, mais, paradoxalement, la pureté, le rêve et le repos terrestre.
- le vert = représente la croissance, la nourriture et la virilité.
- l'ocre brun = c'est aussi une valeur complémentaire chez les Igbo.



L'art sacré et l'art profane.


Dans la majorité des cas, les objets sont des objets sacrés, destinés la plupart du temps à participer à des cérémonies et à des rites religieux animistes où quelques initiés seulement ont droit d' assister. Les objets rituels ne doivent pas être exposés devant le grand public. Pendant toute la durée de leurs fonctions, ces objets sont cachés,à l' abri des regards des
étrangers, des femmes et des non-initiés. Il ne sortent qu 'à l' occasion des grandes cérémonies. Il existe également des arts somptuaires. A la différence de l' art rituel, ces arts et toutes les productions qui s' y rattachent appartiennent au domaine du profane. La frontière entre les arts somptuaires et l' art religieux n' est pas aussi nette que le laisseapparaître leur définition respective.

 

 

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Voici la symbolique de quelques couleurs

des masques africains :

 

Le blanc : c'est une couleur de passage, le passage de la mort à la renaissance, la mutation d'un être. Elle est également la couleur de Dieu (lien avec les ancêtres), représentant la lumière, l'innocence, la pureté et la droiture. Elle est fabriquée à partir du kaolin ou en pilant la craie (autrefois, on se servait de coquilles d'escargot, d'œufs, d'excrément de lézard ou de serpent sacrés ). Dans certains villages du Nord du Nyari-Kwilu, le kaolin signifiait deuil, et l'on s'en servait pour “décorer” les tombes.

Le noir : c'est une couleur négative ; elle représente la mort, l'anéantissement, le mal, la sorcellerie et l'antisocial. Elle est fabriquée avec du charbon de bois ou du noir de fumée. En Côte d'Ivoire, ce sont les feuilles ou les écorces de lianes qui servaient à la concevoir. Il s'agit d'une valeur complémentaire chez les Igbo.

Le rouge : le symbole est ambivalent. Elle représente le sang, le feu, le soleil, (et donc la chaleur), mais aussi la réintégration d'un être marginal, la fécondité et le pouvoir. Le rouge foncé représente les forces agressives et le sang impur. Elle est fabriquée à l'aide de substances minérales, sacrificielles (ex : une noix de kola mâchée puis recrachée. Mais maintenant, les tribus utilisent de la peinture commerciale).

Le jaune : c'est une valeur complémentaire chez les Igbo. Elle représente la paix, la sérénité, la fortune, l'espoir, la fertilité, l'éternité, mais aussi le déclin et l'annonce de la mort.

Le bleu : c'est une couleur négative qui représente la froideur, mais, paradoxalement, la pureté, le rêve et le repos terrestre.

Le vert : représente la croissance, la nourriture et la virilité.

L'ocre brun : c'est aussi une valeur complémentaire chez les Igbo.

 

 

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L'art africain et la sculpture

 


La sculpture concerne plusieurs matières, le bronze, l'argile, etc. Le bronze se définit comme un alliage de cuivre et de l'étain à forte proportion de cuivre. le cuivre est un métal importé à des fins d'usage précis auprès des cours royaux. a l'origine, le travail des fondeurs consistait à produire des parures pour les épouses des chefs, à couler les statuaires mortuaires.

La sculpture du bronze au Burkina Faso était autrefois réservée à certaines familles: les Touré, Dermé, les Sanfo.

Les Touré sont au Burkina Faso depuis une période qui se situe aux alentours du XVème siècle. Ils sont dispersés dans toute l'Afrique de l'Ouest. Originaires du Hombori au Mali, les Dermé sont installés au Burkina Faso depuis le XVIIIème siècle. Les Sanfo viennent de Ségou au Mali comme les Dermé. Aujourd'hui, le travail du cuivre est devenu un art populaire dont les caractères particuliers ont conféré à l'artisanat local et national, un renom qui dépasse les frontières du Burkina Faso.

Le bronze offre la particularité d'être plus dur que le cuivre. Le travail du bronze d'art implique l'acquisition de matières premières qui forment l'alliage, à savoir le cuivre, le zinc et l'étain. De nos jours, les alliages entrant dans la sculpture du bronze sont en grande partie des produits de la récupération. Il s'agit de certains moteurs, les vieux robinets, les fils de cuivre hors d'usage de la société nationale d'électricité. L'alliage le plus utilisé est le laiton. Le bronze était aussi utilisé par les Européens comme moyen de troc contre l'or et les esclaves. Ce sont ces manilles qui vont alimenter dès le XVème siècle les grands centres artistiques de l'Ouest africain tel que Ife au Nigeria et Akan à cheval entre la Côte d'Ivoire et le Ghana, deux pays avec lesquels le Burkina Faso partage des frontières. Les métaux, en l'occurrence le fer, le cuivre et les alliages cuivreux principalement, ont été sculptés pour les armes de parade et pour la parure. Les procédés techniques sont essentiellement le martelage, le moulage à vif et le moulage à la cire perdue.



Le moulage à vif



Il s'agit d'une méthode techniquement employée pour la reproduction des petites pièces. Cette méthode s'applique surtout à des exemplaires calcinables à une température avoisinant 1030 degrés. La pratique de cette technique nécessite la récupération de certains petits animaux tels que les lézards, les oiseaux, les insectes ou les branchages et les feuilles. Il n'est possible de reproduire qu'un seul modèle. Les différentes étapes du procédé en question peuvent se récapituler ainsi qu'il suit:

- d'abord, l'artisanat prend la pièce à reproduire qui peut être un lézard par exemple. Il l'immobilise dans la position de reproduction désirée fixée grâce à des aiguilles ou des pointes;

- puis, la pièce est recouverte d'une couche d'argile et le canal servant à conduire l'alliage liquide pendant la coulée, encore appelé "jet" est façonné et déposé au soleil. L'argile est remise jusqu'à l'obtention d'une couche épaisse qu'il faut laisser sécher complètement;

- ensuite, le moule et son modèle seront mis au feu pendant quelques heures à une température en deçà de 200° C. Ce qui va permettre d'éliminer l'eau que contient le modèle préfabriqué, évitant ainsi les fissures. Un chauffage plus énergique sera effectué afin de carboniser complètement le prototype réalisé sous la forme d'un moule;

- enfin, intervient le refroidissement. Après, il faut évacuer la cendre, couler l'alliage et débarrasser l'argile. Ce n'est qu'en ce moment que s'obtient le modèle en bronze.

La dite technique concernée s'apparente au moulage à la cire perdue, mais avec l'unique différence qui se situe au niveau du modèle de source naturelle.



Le moulage à la cire perdue



La cire était autrefois acquises auprès des fabricants d'hydromiel. De nos jours, elle provient des régions à forte production de miel comme les provinces du Kénédougou dans les Cascades et du Gourma à l'Est. La cire peut-être utilisée plusieurs fois, mais sa quantité diminue par évaporation au cours du chauffage du modèle pour le décirage. Le charbon de bois est acheté auprès de détaillants de la place.

La technique de forme à la cire perdue serait d'introduction récente en Afrique de l'Ouest d'une manière générale et serait d'origine maghrébine. Elle consiste à réaliser le modèle en cire, puis le recouvrir de couches successives d'argile et le laisser sécher.

L'étape d'après consiste à chauffer le modèle ainsi recouvert et faire couler dans un récipient contenant de l'eau. Il faut procéder alors au coulage du bronze d'art qui remplacera la cire et laisser refroidir. L'opération de décrochage par la suite vise à casser le moule d'argile avec beaucoup de précaution pour extraire l'oeuvre coulée.

A la suite du décrochage, l'artisan procède à des réparations, afin d'améliorer l'aspect de l'oeuvre coulée en bouchant les trous ou en effectuant des soudures. L'étape de la ciselure renvoie à un ensemble d'opérations visant à parfaire la peau de l'oeuvre ainsi réalisée et à dissimuler les parties soudées. La patine concerne la mise en couleur de l'oeuvre. Avec le bronze à la cire perdue, d'innombrables bracelets, bagues, colliers et statuettes longtemps commandés par la cours des empereurs, sortent des ateliers familiaux.

 

 

Les sculpture en pierre de Laongo

 


Contrairement au bronze et au bois la pierre n'a pas très tôt attiré les sculpteurs. Il n'est pas aisé de trouver un sculpteur qui ne travaille que de la pierre comme on a des spécialistes du bronze et du bois. On peut aussi constater que le marché de l'art offre très peu de sculptures en pierre. Pourtant, tous les sculpteurs sont aussi des spécialistes de la pierre. Laongo nous en a fait la démonstration.

En effet, récemment une volonté politique a permis la prolifération des sculptures en pierre. Des ateliers internationaux regroupant artistes burkinabè et étrangers ont réalisé un véritable musée de sculptures dans des roches en pleine nature à Laongo dans la province d'Oubritenga. Laongo est un village situé à 35 km. au Nord-est de Ouagadougou dans la province d'Oubritenga. Là on a un affleurement granitique qui se présente en boules épaisses ou en coupoles. Plusieurs symposiums-ateliers internationaux sur la sculpture sur granit ont été faits, de sympo graniit 89 à nos jours. Les artistes s'installent dans un village artistique créé à proximité des affleurements granitiques, puis travaillent pendant des semaines.

 

 

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 LE MASQUE DANS LA SCULPTURE AFRICAINE


Aucune société humaine n’a ignoré le masque et celui-ci surgit dès le moment où l’homme accède à l’état de culture. De la Grèce antique à l’Amérique ancienne en passant par l’Asie et l’Océanie, les masques ont symbolisé les dieux, incarné la beauté et l’effroi, exprimé l’immanence et l’illusion mais aussi le calme, l’ordre et la sérénité. Il en fut ainsi des Gorgones dont parle Hésiode, des masques d’initiation du Péloponèse, des masques bugaku et nô du Japon, des masques barong de Java, des masques des Eskirno et des Indiens d’Amérique du Nord, des masques des Papou Orokolo de la Nouvelle-Guinée.
En Afrique Noire, continent célèbre depuis le début de ce siècle pour la richesse de son art, la sculpture des masques est une dominante majeure de l’art plastique. Le masque peut ici être considéré comme un phénomène artistique caractérisé par son ubiquité et la diversité de ses formes et styles.



LE MASQUE SE RENCONTRE PARTOUT :



On rencontre le masque dans les savanes des pays Soudanais et des pays Bantou comme on le rencontre dans les forêts du Golfe de Guinée et de la cuvette Congolaise. Or, ces régions recouvrent plusieurs types de civilisations : Les civilisations des clairières avec les Dan, le Vê et les Akan ;
- Les civilisations des greniers avec les Dogon, les Sénoufo ;
Les civilisations des cités avec les Mandingues et les Yoruba.
Il s’agit là aussi de sociétés qui peuvent être patrilinéaires ou matrilinéaires, organisées en Etat ou organisées sur la simple base du village.
Ce qui frappe dans cette présence du masque, c’est son indifférence aux variations d’ordre géographique ou culturel, d’ordre social ou politique. Il y a cependant des régions privilégiées dans cette distribution géographique et socio-culturelle des masques en Afrique.
- Le Soudan Occidental, et principalement les peuples de la boucle du Niger (Bambara, Dogon, Mossi, Bobo) ;
- Les régions côtières depuis la Casamance jusqu’à l’embouchure du Congo, en particulier les peuples du massif guinéo-libérien, de la Côte-d’Ivoire, du Nigéria, du Cameroun et du Gabon ;
- Les contrées au Sud et au Sud-Est du Congo (le Congo, le Zaïre, l’Angola) ;
- Les hauts plateaux situés entre le lac Nyassa et l’Océan Indien.
Une moindre importance des masques est attestée dans le Soudan Central, l’Oubangui Chari (l’actuelle République Centrafricaine) et le Nord du Congo. Enfin, il semble que les sociétés politiques organisées en Etats fortement centralisées soient moins riches en masques que celles organisées en chefferies et communautés villageoises.



Les Formes sont variées :




Les masques sont taillés dans les matériaux les plus divers, mais avec une prépondérance manifeste du bois. Il y a une profusion des formes, mais trois tendances principales se dégagent de celles-ci.



Les masques à forme animale

masques zoomorphes :




Ils sont la figuration des caractères dominants des animaux représentés, tels sont les masques Boli des Bambara qui figurent des lions, des hyènes et des antilopes. Notons ici l’importance des Tyi-Wara, masques antilopes qui conduisent les danses pendant les grands évènements. De même, la danse masquée djê des Gouro et des Baoulé, est un véritable déploiement de masques zoomorphes où apparaissent têtes de chien, cabri, gazelle, buffle et éléphant etc...



Les masques à figure humaine

masque anthropomorphes :




Ils représentent des hommes ou des femmes. Chez les Dogon, les masques humains incarnent les anciens, les prêtres, les chasseurs et les sorciers. Il existe aussi chez les Mossi des masques à figure féminine à côté des masques à figure masculine. Enfin, de nombreux masques anthropomorphes existent chez d’autres peuples notamment chez les Dan et Gouro, où leurs traits sont finement ciselés. Qui ne se souvient de la célèbre Dje-La Lou-Zaouli, une des plus belles attractions des danses ivoiriennes !




Les masques anthropozoomorphes :



Ici s’associent traits animaux et traits humains, mais avec la prépondérance du visage humain. Le visage de l’homme est alors affecté d’une ornementation le plus souvent périphérique, composée d’éléments empruntés aux animaux (cornes, plumes, dents) et visant à souligner les caractéristiques fonctionnelles du masque. Ainsi en est-il des masques Zamblé chez les Gouro. Quant aux masques Wê (c’est-à-dire Guéré et Wobé) où cette ornementation est composée avec beaucoup de recherche, ils atteignent en ce domaine un haut degré d’expression symbolique.



LES TROIS ORIENTATIONS STYLISTIQUES




A travers les formes qu’ils donnent à la matière, les sculpteurs de masque s’efforcent de rendre visible l’invisible et d’exprimer des idées. L’union des éléments naturels et des éléments abstraits, des éléments expressionnistes et des éléments surréalistes, s’achève dans le surgissement d’une entité tout à fait nouvelle : le masque. Celui-ci avec une tête puissante, un oeil étincelant, des cornes de buffle, de bélier ou d’antilope, avec parfois une gueule de crocodile, doit dégager une impression de force et de puissance. L’équilibre statique, la symétrie et la frontalité doivent évoquer la grandeur supraterrestre dont le masque est le siège.
Deux styles apparaissent très nettement à travers le fatras des formes : un style cubiste, où dominent les formes géométriques, caractérise les masques des Dogon, Bambara, Bobo et Wê (Guéré en particulier) ; un style naturaliste, où domine au contraire la représentation du réel visible, se retrouve dans les masques des Gouro, Baoulé et peuples de la civilisation du Bénin.
Mais entre ces deux orientations existent des styles intermédiaires que l’on rencontre chez les sculpteurs de masques Dan et Sénoufo, pour ne citer que ces deux exemples.



LA PLACE DE LA COTE D’IVOIRE DANS CETTE SCULPTURE.




En raison des aires géographiques et culturelles qui la composent et des échanges divers que l’histoire y a permis, la Côte d’Ivoire occupe une place de choix dans la sculpture des masques africains. En effet l’aire culturelle du Haut-Niger qui se confond en ce domaine avec celle de la Boucle du Niger, se prolonge en Côte d’Ivoire par la sculpture Sénoufo et introduit dans ce pays certaines formes stylistiques des pays Bambara et Dogon. Tandis que l’aire culturelle de la Côte Ouest-Africaine et du bouclier forestier Guinéo-Libérien, apporte en Côte d’Ivoire avec les Dan et les Wê, les constructions naturalistes et cubistes caractéristiques de cette zone. Cette influence se développe d’Ouest en Est, à travers la Côte d’Ivoire, par les Gouro proches parents des Dan, et par les Niaboua, Bakoué, Kroumen, Néyo, Bété et Godié, culturellement apparentés aux Wê.
Enfin la sculpture des masques Baoulé participe à la fois des techniques artistiques de l’aire atlantique de l’Est (Akan, Adja Yoruba) et des styles sénoufo et gouro, procédant ainsi à une synthèse des conceptions de l’Ouest, de l’Est et du Nord de notre sous-région d’Afrique Occidentale. La position géographique centrale du peuplement baoulé, accentué par son étalement en longitude et son extension en latitude, apparaît comme une approche d’explication de ces emprunts culturels.
Il en résulte pour la Côte d’ivoire une richesse culturelle imposante qui en fait, en Afrique occidentale au moins, une des régions privilégiées du masque.


LES FONCTIONS DU MASQUE



En apparence, et pour le profane, le masque est un phénomène artistique et technique qui peut signifier, à travers l’ubiquité de cette sculpture en Afrique Noire, une unité d’expression artistique, un stade d’avancement technologique, une modalité de l’expression culturelle. William Fagg écrit à ce propos : « c’est par l’art qui lui est propre que nous pouvons acquérir la vue la plus pénétrante de la culture d’un peuple, et en particulier des peuples africains ». (Musée des Arts décoratifs, 1964). C’est dire que les sculptures ont un rôle de témoins, sont révélatrices de la civilisation d’un peuple.
Si en Occident, l’idée de sculpture est d’abord technique, dans la mesure où sculpter c’est « tailler avec le ciseau une figure, une image, dans la pierre, le bois, le marbre » (Littré), en Afrique la sculpture renvoie au sculpteur, c’est-à-dire à la société qui porte l’oeuvre et l’artiste. C’est pourquoi Ola Balogun a pu écrire : « l’un des principaux traits communs à l’ensemble de l’Afrique Noire, dans le domaine de la sculpture, est que les masques sculptés ne sont pas conçus pour être contemplés comme oeuvres d’art, mais pour être utilisés à l’occasion de cérémonies rituelles sociales ou religieuses ». (Introduction à la culture africaine, UNESCO, 10/18, p. 57).
En matière d’art africain, la question-clé est toujours la question des fonctions. Il faut donc aller au delà des apparences pour comprendre la sculpture des masques à travers les fonctions qui lui sont assignées.



LES DOMAINES D’INTERVENTION DU MASQUE


Le masque n’est pas en réalité cette figure sculptée que l’on a coutume de voir, il est un personnage, un être qui représente à la fois une divinité et une force de la société humaine. Au moment où il le porte, son porteur est investi des attributs reconnus à cette force divine et sociale.
Il en résulte une variété des domaines d’intervention du masque qui atteste de la variété de ses fonctions. Dégageons les quatre domaines les plus importants :